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ASSOCIATION REVAHB

Sclérose en plaques après vaccination hépatite-B


Herroelen et coll rapportent 2 cas de démyélinisation du système nerveux central après vaccination par vaccin recombinant (Engerix B) (155). Le 1er cas était une femme d'une vingtaine d'année qui présentait une sclérose en plaques depuis 1984. En 1987, elle recevait sa troisième injection vaccinale contre l'hépatite B et 6 semaines plus tard, elle présentait une poussée de sa maladie avec hémiparésie gauche de l'ensemble du corps. La symptômatologie se complétait avec hémiplégie gauche et coma 15 jours plus tard. Les examens radiologiques confirmaient le diagnostic de démyélinisation centrale et la patiente était traitée par dexaméthasone. Depuis l'hémiparésie persiste mais la patiente depuis 4 ans n'a pas eu de nouvelles poussées.

Le 2ème cas était une femme de 28 ans sans antécédent neurologique particulier qui a présenté 6 semaines après la 2ème injection vaccinale une hémiparésie droite et une quadranopsie inférieure latérale homonyme. La résonnance magnétique nucléaire confirmait le diagnostic de démyélinisation centrale. 2 mois plus tard, la patiente présentait toujours une spasticité de l'hémicorps droit et une hémianopsie latérale homonyme. Les auteurs pensent que la vaccination est en cause et a un rôle de facteur déclenchant chez des sujets prédisposés génétiquement. En effet les 2 patientes ont des HLA (DR2 et B7) associés à la sclérose en plaques et il est décrit dans la littérature des cas de poussées de maladies neurologiques après vaccination (156).

Kaplanski et coll rapportent le cas d'un homme de 34 ans sans antécédent particulier qui 2 semaines après la troisième injection d'Hevac B Pasteur présentait une diplopie et une faiblesse des 2 jambes s'aggravant progressivement, le patient signale que ces symptômes étaient déjà apparus après la 2ème injection vaccinale et avaient disparu (157). Les explorations à la recherche d'une étiologie étaient négatives et l'imagerie affirmait le diagnostic de sclérose en plaques. Le HLA retrouvait les haplotypes DR2 et B7 . Les auteurs pensent que les HLA B7 et DR2 seraient des facteurs prédisposants à la survenue d'une démyélinisation du système nerveux central lors de la vaccination contre l'hépatite B.

Nadler rapporte le cas d'un homme de 43 ans sans antécédent particulier qui 10 jours après la première injection vaccinale d'Engerix B souffrait de signes neurologiques qui complétait en 3 semaines (158). Il présentait alors une hémiparésie de tout l'hémicorps droit avec adiadococinésie. Les examens pratiqués confirmaient le diagnostic de sclérose en plaques. Le patient gardait 5 mois plus tard des séquelles importantes. L'auteur signale qu'une étude allemande confirme que la vaccination en général augmente le risque de poussée chez des patients atteints de sclérose en plaques (159) et peut donc, ici encore déclencher la maladie.

Tartaglino et coll rapportent récemment un nouveau cas de sclérose en plaques déclenché par un vaccin recombinant et discutent les images séquellaires vues à l'IRM (160).

REFERENCES

(155) HERROELEN L, DE KEYSER J, EBINGER G. Central-nervous-system demyelinisation after immunisation with recombinant hepatitis B vaccine. Lancet 1991; 338: 1174-5.

(156) SRIRAM S, STEINMAN L. Postinfectious and postvaccinal encephalomyelitis.Neurol . Clin. 1984; 2: 341-53.

(157) KAPLANSKI G, RETORNAZ F, DURAND JM, SOUBEYRAND J.Central nervous system demyelinisation after vaccination against hepatitis B and HLA haplotype. J. Neurol. Neurosurg.psychiatry 1995; 58: 758-9.

(158) NADLER JP. Multiple sclerosis and hepatitis B vaccination. Clin. Inf.Dis. 1993; 17: 928-9.

(159) QUAST U, HERDER C, ZWISLER O.Vaccination of patients with encephalomyelitis disseminata. Vaccine 1991; 9: 228-30.

(160) TARTAGLINO LM, HEIMAN-PATTERSON T, FRIEDMAN DP, FLANDERS AE. MR imaging in a case of postvaccination myelitis. AJNR Am. J. Neuroradiol. 1995; 16:561-2.

La SEP est une maladie de la substance blanche appartenant à ce titre au groupe des leuco-encéphalo-myélopathies, mais c'est aussi une maladie inflammatoire acquise. Elle s'oppose donc aux deux autres grandes variétés de maladies de la substance blanche que sont les leucodystrophies et les leucoencéphalopathies d'origine circulatoire.

Elle se caractérise par l'existence de foyers de démyélinisation, que l'on qualifie de plaques. Ces foyers de démyélinisation sont multiples, disséminés sans aucune logique apparente, aussi bien dans la moëlle épinière que dans l'encéphale, où l'on doit tout de même relever leur électivité pour les régions péri-ventriculaires. Le volume des plaques est très variable ; elles peuvent être ponctiformes ou s'étendre à la quasi totalité d'un hémisphère ; leur contour est nettement limité. Elles épargnent toujours la substance grise, que ce soit celle du cortex, des noyaux gris de la base ou des cornes de la moëlle épinière. Le caractère multiple et disséminé des lésions est extrêmement important et l'on ne peut porter le diagnostic de la maladie en son absence.

Il existe, au sein des foyers de démyélinisation, ce que l'on appelle une dissociation myélino-axonale, c'est-à-dire que les gaines de myéline qui entourent l'axone sont détruites, mais que l'axone lui-même est normal ou ne présente que des altérations moindres, avec maintien de la continuité axonale au sein du foyer de démyélinisation (à la différence de ce qui se passe en cas de nécrose parenchymateuse ou de maladie primitive des axones). A noter qu'il n'y a jamais, dans la SEP, d'atteinte des gaines de myéline entourant le nerf périphérique. Le processus pathologique ne concerne que les gaines de myéline constituées par le cytoplasme de ces cellules gliales spécialisées que sont les oligodendrocytes.

Chaque foyer de démyélinisation évolue de façon indépendante. Les altérations myéliniques prédominent au sein de la plaque jeune, associées à une réaction inflammatoire ; ce sont les lésions qui, en IRM, prennent le gadolinium. Il existe alors des possibilités de réparation myélinique. On peut observer aussi le développement d'une gliose réactionnelle astrocytaire, qui est probablement synonyme d'une absence de réversibilité des lésions.

Chez un malade donné, des plaques d'âges très différents s'additionneront au fil des années, qui correspondent à l'évolution par poussées de la maladie. Ces poussées -parfois cliniquement muettes- correspondent au développement de nouveaux foyers de démyélinisation, lesquels gardent un certain potentiel de réparation myélinique. Cependant, au fil des années, il y aura des effets de sommation, puisque des plaques au sein desquelles se développe une gliose astrocytaire peuvent se succéder à différents niveaux d'une même voie fonctionnelle, finissant par en altérer significativement les axones.

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