« Ce vaccin est sûr, efficace et sans danger. »
Docteur Neal Halsey, président de l'association des pédiatres, membre des comités de vaccination.
« Un réseau de vieux copains siège au CDC et à la FDA, dans toutes les instances décisionnelles (...) certains ont des liens financiers avec les fabricants, c'est inacceptable. »
Dan Burton, président de la commissiond'enquête de membres de la Chambre des représentants sur les vaccinations. Washington DC, Congrès des États-Unis, 18 mai 1999, 10 heures.
La scène semble extraite d'un film sur la justice. Assis devant une longue table, des représentants réajustent leurs micros et feuillettent quelques notes. À gauche de la pièce, la bannière étoilée, et, au centre, face aux élus, deux hommes et trois femmes se lèvent, portent la main sur le coeur pour prêter serment avant de livrer leur témoignage. Il s'agit de la première audition de la commission d'enquête parlementaire sur les dangers du vaccin hépatite B, dans le cadre d'une investigation menée par le sous-comité dépendant de la justice criminelle et de la politique du médicament. Présidé par Dan Burton, représentant de la Floride, le comité doit entendre les principaux protagonistes de l'affaire du vaccin : des victimes, des scientifiques, des associations et des hauts fonctionnaires. Les estropiés de l'hépatite B ouvrent le feu. Le premier témoin, un homme barbu d'une quarantaine d'années, montre aux représentants la photo d'un bébé, sa fille, Lyla Rose Belkin, morte huit heures après une injection du vaccin.
Retour en arrière. La polémique n'a débuté que depuis deux ans, avec la publication d'un article dans la revue Science Magazine, en août 1998. Quelques mois plus tard, la décision de Bernard Kouchner de retirer le vaccin des écoles françaises a été relayée par les médias. Ce n'est qu'en janvier 1999 que les Américains ont découvert, avec stupeur, sur la chaîne ABC, l'ampleur du problème. Du coup, de nombreuses victimes se sont réveillées et ont contacté les associations, dont le NVIC (National Vaccine Information Center), la plus grande association américaine de victimes de vaccination, qui ont alerté les parlementaires.
Retour à la commission d'enquête. Après les témoignages des victimes, c'est au tour des scientifiques et des fonctionnaires de la santé d'exprimer leurs points de vue. Officiellement, aucune victime du vaccin hépatite B n'a été recensée. Selon la FDA (Food and Drug Administration chargée de répertorier les accidents de vaccins), et le VAERS (Vaccine Events Reporting System), le répertoire officiel des effets secondaires des vaccinations, il n'existerait que des coïncidences. Une opinion commune à une bonne partie du corps médical et, bien sûr, aux deux industriels qui se partagent le marché, Merck et SKB. Le docteur Harold Margolis, chef de la section hépatite des maladies infectieuses au CDC, défend longuement le vaccin : « Ce virus est un tueur silencieux et cause la mort de cinq mille Américains chaque année. Il est de notre responsabilité de protéger la santé actuelle et future de nos enfants en généralisant l'utilisation du vaccin. Aucune étude épidémiologique ne démontre quoi que ce soit. » Et de marteler l'absence de tout lien entre le vaccin et les maladies observées chez les plaignants. La fin de la matinée sera consacrée à deux associations, d'avis opposés sur le vaccin.
En octobre 1999, lorsque je suis allé enquêter aux ÉtatsUnis, les partisans du vaccin en France clamaient que cette affaire était strictement hexagonale et qu'aucun pays n'avait enregistré de victimes. Un bien gros mensonge ou une ignorance crasse de la réalité. Selon les données du VAERS, 9763 Américains, dont 1 200 enfants, ont déclenché des maladies graves après cette vaccination. Chaque fiche livre la maladie observée, le délai d'apparition après l'injection, l'âge du patient... Plus inquiétant, 439 personnes sont mortes après ces injections, mais les services officiels tablent sur des coïncidences chronologiques.
Cette explication lapidaire ne convainc pas les malades et les associations qui les représentent. ÀVienna, en Virginie, à trois quarts d'heure de la capitale fédérale, se trouve le siège du National Vaccine Information Center. Le NVIC occupe un niveau d'un immeuble de trois étages. Dans une des pièces, un grande meuble métallique contient des centaines de dossiers de victimes précieusement archivés. Au mur, les photos d'enfants décédés. À la tête du NVIC 1, une mère de famille énergique d'une quarantaine d'années, Barbara Loe Fischer, qui a pris comme modèle Ralph Nader, le pape des mouvements consuméristes américains.
Barbara et deux autres mères de famille ont fondé leur association en 1982, après que leurs enfants furent tombés gravement malades à la suite d'une vaccination DTPolio. Au fil des ans, le NVIC a tissé un réseau d'alerte puissant dans tous les États-Unis et développe une activité de lobbying intense auprès du gouvernement et du corps médical. À la différence de la France, le NVIC ne professe pas d'idéologie antivaccinaliste extrémiste et entretient des relations avec des cabinets d'avocats et de médecins.
«J'ai siégé pendant quatre ans en tant que représentante des consommateurs au comité des effets indésirables des vaccins au département de la Santé, explique tranquillement cette femme qui fait figure d'épouvantail pour les fabricants de vaccin et une bonne partie du corps médical voyant en elle et son association une véritable menace pour la santé publique. Je connais bien les coulisses des instances vaccinales gouvernementales et je peux vous dire que le lobbying des firmes pharmaceutiques est au-delà de ce que vous pouvez imaginer,tant dans le corps médical qu'auprès des partis politiques. À cause de notre activisme pour dénoncer des dangers bien réels, le gouvernement fédéral et les industriels ont créé, en 1986, un fonds spécial d'indemnisation des victimes de vaccin. Cela prouve, s'il en était besoin, que nos arguments ont porté. »
A l'époque, les fabricants, effrayés par les menaces de procès, ont accepté que, sur chaque dose de vaccin vendu, un pourcentage alimente ce fonds qui a versé, depuis sa création, près de cinq milliards de francs à des victimes. « Il faut constamment maintenir la pression pour contrer des lobbies extrêmement puissants, poursuit Barbara Loe Fischer. Si nous nous étions contentés des déclarations niaiseuses de l'administration, nous n'aurions jamais obtenu ce fonds pour les victimes. Nous avons aussi forcé le gouvernement à nous communiquer le listing informatique des effets indésirables du vaccin hépatite B à l'aide de la loi FOIA (Freedom of Information Act), utilisée à ses débuts contre le manque de transparence du FBI dans les grandes affaires politiques des années soixante-dix. »
C'est néanmoins le combat du pot de terre contre le pot de fer. Aux États-Unis, la politique de vaccination en matière d'hépatite B est très différente de celle menée en France : on a moins vacciné les adultes mais on a mis la pression sur les enfants. Dans trente-cinq États, ce vaccin est obligatoire pour qu'un élève puisse être admis dans une école. Et, pour inciter les États, le gouvernement fédéral verse une prime de 700 francs par enfant à jour de toutes ses vaccinations. En cas de non-respect, la sanction est sévère. Une mère a été mise en prison pour mauvais traitements parce qu'elle avait refusé que son bébé soit vacciné contre l'hépatite B. Quelques États comme le New Jersey ou l'Ohio ont fait marche arrière et offrent aux parents une liberté de choix pour des motifs personnels.
Le jour où je rencontrai Barbara Loe Fischer, le gouvernement américain annonçait le retrait du rotavirus, vaccin contre la diarrhée des bébés. « Voilà un superbe exemple des délires des pouvoirs publics en matière de vaccination, m'indiquet-elle. Ce vaccin a été lancé l'année dernière alors qu'il y avait très peu de cas de cette maladie aux Etats-Unis. Dès que nous avons eu des témoignages de parents qui nous signalaient des effets secondaires graves, nous avons alerté les autorités. On ne nous a pas pris au sérieux et voilà que j'apprends que le vaccin est retiré de la circulation. »
A l'époque, deux cents demandes d'indemnisation sur ce vaccin étaient déposées dans trois cabinets d'avocats spécialisés. À Boston, l'office Conway, Crowley et Homer compte parmi les meilleurs spécialistes de défense des victimes de vaccination. Le cabinet est devenu célèbre dans les années quatre-vingt et a fait l'objet d'un best-seller *.
* A Civil Action, de Jonathan Harr. Un film hollywoodien à grand spectacle a été réalisé à partir de ce livre, avec John Travolta dans le rôle d'un des ex-associés. Les avocats avaient pris la défense de familles d'une petite ville de la banlieue de Boston, Wooburn, dont les enfants mouraient mystérieusement de leucémie. Les parents étaient convaincus que l'eau du robinet était contaminée par des rejets d'industries chimiques locales. Au terme d'un procès fleuve de dix ans et après avoir dépensé des millions de dollars en expertises, le cabinet a failli mettre la clé sous la porte. Au-delà d'une douloureuse affaire de responsabilité industrielle, le livre démonte les rouages du système judiciaire américain avec ce qu'il comporte comme efficacité et hypocrisie. Il explique comment les avocats, rémunérés au pourcentage en cas de victoire, ont pris la défense des victimes à partir de l'instant où ils ont chiffré combien la partie adverse allait verser de millions de dollars d'indemnités de compensation. Pour avoir pris l'affaire trop à coeur et s'être lancé dans une croisade contre les industriels, l'un des avocats a mis en faillite le cabinet. Le livre, traduit en français sous le titre Préjudice (Robert Laffont), est l'un des meilleurs ouvrages du genre.
Vu de l'extérieur, le célèbre cabinet Conway, Crowley et Homer ne paie pas de mine. Situé à côté d'un fast-food dans un immeuble en briques, à une centaine de mètres du fleuve, il faut y regarder à deux fois avant d'apercevoir la plaque signalétique. Le cabinet est composé d'une grande pièce lumineuse entourée de bureaux séparés par des portes en verre, des hauts-parleurs diffusent du rock et un chien accueille joyeusement les visiteurs. Un décor digne d'une sitcom, très loin des cabinets d'avocats français confinés dans leurs ambiances louis-philippardes.
Assis autour d'une grande table, Tom Conway, Ron Homer et Sylvia Chen me montrent les piles de dossiers de leurs clients. « Nous avons soixantedix victimes du vaccin hépatite B, hommes, femmes et enfants, qui soufrent de maladies auto-immunes et d'atteintes démyélinisantes, des pathologies similaires à celles que vous avez recensées en France, m'explique Tom Conway. Leur nombre n'a pas cessé de croître depuis la médiatisation de l'affaire, en janvier 1999. Apparemment, beaucoup de gensn'avaient pas fait le lien jusqu'alors. Tous ces dossiers ont été déposés au fonds d'indemnisation mais aucun n'a encore été accepté. Contrairement à la France, on ne peut pas porter plainte contre des fabricants de vaccin, sauf s'il existe une faute manifeste. La création du fonds les a dégagés de toute poursuite ultérieure. »
La procédure est longue, au minimum quatre ans, et les tarifs sont standardisés : 1,5 million de francs en cas de décès et 3 millions pour un handicap lourd, des sommes modestes comparées aux indemnisations d'accidents médicaux en vigueur aux États-Unis.
« Et en plus, il faut que les maladies observées après une vaccination soient reconnues dans une liste de référence établie par le fonds, ajoute Sylvia Chen. Dans le cas du vaccin hépatite B, ni les maladies auto-immunes ni les affections démyélinisantes ne sont inscrites. Autant dire qu'il va falloir se battre d'arrache-pied. Votre système judiciaire français nous bat à plate couture. »
Ce système juridique est contesté par de nombreuses victimes et parents d'enfants décédés qui exigent de voir établies des responsabilités. A New York, Michael Belkin dirige pour le NVIC le dossier du vaccin hépatite B. C'est lui, le barbu qui a témoigné devant la commission de la Chambre des représentants. Habitant à Greenwich Village, le quartier chic et bohème de la « grosse pomme », rien ne prédisposait cet analyste financier de haut niveau à s'impliquer dans des affaires de vaccination. Tout en déjeunant dans un restaurant italien du quartier, il me raconte comment sa vie a basculé.« Ma fille unique, Lyla Rose, est morte dans mes bras huit heures après avoir reçu l'injection du vaccin hépatite B. C'était le 16 septembre 1998, elle avait à peine cinq semaines. Elle était rayonnante de santé, puis elle a commencé à gémir et à s'agiter pour ne plus se réveiller. Le médecin légiste nous a dit qu'elle avait le cerveau gonflé, l'un des symptômes de mort subite du nourrisson, et que le vaccin n'était pas responsable. La thèse de la coïncidence ne m'a pas convaincu et j'ai enquêté pour savoir s'il existait d'autres cas similaires. À l'époque, les médias américains n'avaient pas relevé d'incidents avec ce vaccin. Je n'ai su que par la suite que l'affaire avait été révélée en France depuis quelques années. J'ai rencontré des scientifiques et participé à un colloque médical, mais j'ai été sidéré quand nous avons pu nous procurer les rapports officiels du VAERS sur les accidents liés à ce vaccin. Non seulement des milliers de personnes avaient eu des problèmes graves, mais en plus des enfants étaient morts après des injections. Je suis diplômé en statistiques de Berkeley et je manipule des chiffres chaque jour dans mon travail. Je peux vous dire que j'ai été effaré quand j'ai vu comment les pouvoirs publics et les laboratoires utilisaient les chiffres. Heureusement qu'en matière de finances nous ne travaillons pas comme ça. Nous irions à la faillite ! En janvier 1999, après une interview dans l'émission d'ABC, j'ai reçu des dizaines de témoignages spontanés de victimes : un pilote de ligne impotent, des parents d'enfants handicapés, un directeur d'une grosse entreprise, des infirmières. Point commun à tous ces gens : leur médecin n'était pas au courant et, pour certains, on les a pris pour des cinglés. Maintenant que l'affaire est bien partie et qu'une commission d'enquête va aller jusqu'au bout, je ne lâcherai pas le morceau. Je veux savoir ce qui est arrivé à ma fille et pourquoi on l'a vaccinée alors qu'elle n'avait aucun risque d'attraper le virus, transmissible uniquement par rapport sexuel ou par transfusion de sang. »
Michael Belkin m'a rappelé des victimes françaises, à la fois indignées et parfois excessives, mais mues par une détermination farouche à aller jusqu'au bout. Quand je lui ai fait remarquer que son témoignage pouvait affoler des millions de mères de famille dont les enfants ont été vaccinés et qui se portent très bien, il m'a répondu avec fermeté
« C'est ce que disent les médecins qui nous accusent, moi et d'autres parents, de mettre en péril la campagne de vaccination et donc d'être moralement responsables de contaminations futures. C'est révoltant. Non seulement je pleure ma fille chaque jour, mais en plus je devrais me sentir coupable pour d'autres enfants. »
La rencontre avec deux autres victimes du vaccin, cette fois adultes, m'a laissé stupéfait. À huit mille kilomètres de distance, et trois ans d'intervalle, j'avais l'impression de revivre la même scène. Ce n'était pas la même langue, pas la même tête, mais bien le même calvaire : « On m'a convaincu de me faire vacciner car l'hépatite B était comme le sida. Trois jours après la première injection on m'a envoyé d'urgence à l'hôpital... »
Si la communauté médicale est plutôt sceptique sur les dangers du vaccin, certains scientifiques croient à sa responsabilité. C'est le cas de Bonnie Dunbar, professeur en biologie cellulaire au Baylor College of Medicine à Houston, dans le Texas
« Mon frère john et l'un des étudiants en médecine qui travaillaient dans mon laboratoire ont souffert de graves maladies auto-immunes, dont une sclérose en plaques, après cette vaccination. L'étudiant a perdu la vue d'un oeil et l'imputabilité du cas de mon frère a été reconnue par dix spécialistes. Comme je travaillais à la mise au point de vaccins, j'ai enquêté auprès de confrères et découvert d'autres cas similaires. Je suis persuadée que ce vaccin peut être néfaste pour une partie de la population et que nous sommes face à un problème différent des autres affaires de vaccins. La théorie du mimétisme moléculaire tient la route pour expliquer les effets du vaccin mais encore faut-il développer des recherches pour étayer les hypothèses. Or, personne ne veut mettre un dollar pour découvrir la vérité, ni les pouvoirs publics et encore moins les fabricants. Vous devriez vous intéresser aux liens entre les experts qui mettent en place la politique vaccinale et les firmes, vous seriez étonné de l'inceste ambiant. »
Réunion secrète à Atlanta
Au cours de mon enquête, l'un de mes interlocuteurs m'a fourni un document précieux, qui montre des liens entre l'OMS, les agences gouvernementales et les fabricants. Il s'agit d'un compte rendu confidentiel d'une réunion importante qui s'est tenue au siège du CDC, à Atlanta, le 21 mars 1997, sur la sécurité du vaccin hépatite B. Les participants, triés sur le volet, sont venus du monde entier pour déterminer la conduite à tenir face à l'affaire du vaccin qui avait pris de l'ampleur dans les médias français grand public. En lisant le texte, je me revoyais à l'hiver 1996 après la rédaction de mon article dans VSD qui avait tout déclenché. La direction générale de la Santé avait innocenté le vaccin et, officiellement, les firmes assuraient qu'il n'y avait rien de sérieux dans cette histoire. Qui trouvait-on à la réunion d'Atlanta? L'OMS, le CDC, des associations de médecins américains, et les trois fabricants du vaccin, Merck, PasteurMérieux, SKB. Qui présidait les débats ? Le docteur Robert Chen du CDC - ce qui est normal - et le docteur Robert Sharar, haut responsable de la firme Merck. Qui représentait la France et a brossé un tableau de la situation dans notre pays ? Le docteur Sadier, de PasteurMérieux. A l'issue de la journée, les participants ont adopté un accord, resté confidentiel, qui lie toutes les parties présentes sur huit points dont ce dernier : « Les différents participants décideront de ce qui sera le mieux pour leur organisation respective et chacun s'engage à tenir informé les uns les autres de ses actions. »
Ainsi, les fabricants du vaccin, les fonctionnaires chargés de l'épidémiologie du virus et ceux qui surveillent les effets secondaires, les associations de médecins et de pédiatres travaillent dans une entente parfaite ! Cela paraît normal dans ce milieu, mais peut-être pas aux yeux du citoyen. Ce document, inédit en France, est aussi tombé entre les mains de la commission parlementaire d'enquête sur les vaccins. Intrigués, les représentants ont décidé d'étendre leurs investigations aux liens financiers existant entre les multinationales et les médecins qui décident de la politique vaccinale. Prenant prétexte du vaccin hépatite B et de celui du rotavirus, lancé en fanfare puis retiré un an plus tard en raison d'effets secondaires plus graves que prévu, ils ont révélé, le 15 juin 2000 au cours d'une audition publique, des informations capitales sur certains experts
« Des membres au plus haut niveau des comités en charge des vaccinations, au sein de la FDA et du CDC, possèdent des actions des industriels du vaccin. Trois des cinq membres de la FDA ont donné un avis positif sur un vaccin alors qu'ils avaient des intérêts financiers avec la firme fabricante. » Les élus américains livrent dans le menu des noms, des chiffres, des mises en perspective
« Le docteur john M., qui a servi quatre ans au comité du CDC et à la FDA, était aussi employé de la firme Merck et possède 200 000 francs d'actions de la compagnie. Le docteur Paul O. a reçu des fonds importants de deux fabricants pour développer des vaccins et a été payé par les industriels pour voyager à travers tout le pays afin d'expliquer aux médecins les bienfaits et la sécurité des vaccins. Le docteur Patricia F. possédait 130 000 francs d'actions de Merck alors qu'elle était à la FDA. Le docteur Harry G., membre de FDA, possède pour plus d'un millions de francs d'actions d'industriels du vaccin en cause. » Une mention spéciale pour le docteur Neal Halsey, l'homme qui avait convoqué le docteur Bart Classen pour lui reprocher d'affoler la population, le grand ordonnateur de la politique vaccinale aux Etats-Unis, président de l'association des pédiatres, membre influent du CDC et de la FDA : il a admis, selon la commission d'enquête, avoir reçu des fonds importants des industriels du vaccin.
Face à ces liens, Dan Burton, le président de la commission, ne mâche pas ses mots : « Comment peut-on avoir confiance dans ce système où il apparaît que six membres sur dix du comité des vaccinations ont des liens étroits avec les fabricants, quand le président du comité de la FDA possède des actions, quand un réseau de vieux copains noyautent toutes les instances décisionnelles et y siègent pour certains depuis plus de seize ans ? Sur sept cent mille médecins américains n'en trouve-t-on aucun pour les remplacer ? Le CDC et la FDA croient-ils vraiment que les scientifiques sont plus immunisés contre les conflits d'intérêts que les simples mortels ? (...) Si les experts qui ont fourni les recommandations ont les mêmes conflits d'intérêts que ceux que nous avons trouvés dans l'affaire du rotavirus, alors tout le système est pollué et la confiance des citoyens a été trahie. »
Les révélations du comité n'entame pas la puissance d'un lobby particulièrement efficace, qui passe par la création d'associations puissantes financées en bonne partie par les laboratoires. Les objectifs de ces associations sont généreux : lutter contre les hépatites, informer le public. Tel le groupe Hepatitis B Action Group, National Coalition for Adult Immunization, financé par la Merck Vaccine Division, SKB, et PasteurMérieux-Connaught. Et parmi les groupes associés, on ratisse large : des groupes de lesbiennes en passant par les associations de paysans ou la fédération des Églises noires.
Comment choisir un bon docteur ?
Une autre association vaut le détour, la Fondation hépatite internationale (HFI). Cette organisation américaine a pour but d'informer la population sur la prévention et les traitements des hépatites. Elle possède un serveur Internet, édite des brochures pour le grand public, organise des colloques pour les médecins. La HFI mène un travail remarquable d'information qui lui a valu plusieurs fois les félicitations officielles du président Bill Clinton. Mais qui finance ses actions ? Quatre laboratoires, dont SmithKline-Beecham. En plus de ce financement, la firme sponsorise des actions ponctuelles. Le plus cocasse sont les tuyaux que la HFI donne aux Américains pour bien choisir leurs docteurs en cas d'hépatite B
- A-t-il un casier judiciaire vierge ? Est-il un délinquant ? Traîne-t-il derrière lui des patients mal soignés ?
- Demandez si le médecin a été sanctionné pour négligence ou comportement non éthique. Si c'est le cas, essayez d'en apprendre un maximum.Certains États fournissent des numéros de téléphone pour vous aider.
- Certaines cours de justice peuvent vous apprendre si un médecin a été attaqué en justice.
- Public Citizen, une organisation de consommateurs, publie un annuaire des médecins incompétents, obsédés sexuels ou consommateurs de drogues. Cela coûte 19 dollars.
- Propreté. Son apparence et l'état de son cabinet sont des indicateurs de problèmes.
- Sobriété. Existe-t-il des signes qu'il soit alcoolique ou drogué ? Des études démontrent que 5 à 15 % des médecins abusent de drogue et d'alcool. Un détail qui ne trompe pas : une haleine alcoolisée, des pupilles dilatées, un comportement bizarre, une mauvaise élocution, autant de signes que votre médecin n'est pas en bonne condition pour vous soigner. Appelez HFI pour vous aider.
Imagine-t-on ce genre de conseils en France ? Comment réagiraient les syndicats de médecin ?
Si vous voulez des posters, poursuit l'association, achetez « L'hépatite B : une menace pour la santé de votre enfant », vendu 2 dollars, et sponsorisé par SKB. HFI a même une mascotte, Oliver, le petit foie rigolo qui vous donne de bons tuyaux sur les hépatites. A quand un Hépatitland avec manèges en forme de virus et montagnes russes dans une seringue géante ?